lundi 27 août 2012

Bardou et la Harpe-Guitare

Il y un an à Concarneau, j'ai rencontré un artiste assez extraordinaire:

James Kline


Il écrit des chansons à partir de ses lectures de poètes anglais... et son inventivité musicale est juste incroyable! C'est l'histoire d'un mec qui ne veut pas choisir entre trois instruments et qui décide donc de les jouer tous en même temps!
L'album que je lui avais alors acheté est très bon: A Feather upon the shore.

Journée à thème: St Louis


Il y a deux jours, c'était une journée à thème, celle de St Louis. 

Objectivement c'était déjà la St Louis sur le calendrier, et puis j'ai découvert ça à la médiathèque André Malraux:




L'auteur, Régine Pernoud est une femme délicieuse, pleine d'esprit, à la plume parfois redoutable, féministe et médiéviste engagée, au curriculum vitae impressionnant et à la simplicité stylistique pourtant très touchante. Elle est notamment l'auteur d'un pamphlet assez connu Pour en finir avec le Moyen Âge (dans lequel elle conteste la plupart des idées reçues que l'on a en évoquant en parlant de "Moyen Âge").
Elle a également écrit sur Jeanne d'Arc et sur La Femme au temps des cathédrales. Deux livres que j'ai lus et que je vous recommande.

Une grande, grande dame. À lire si vous en avez l'occasion.

Article jumelé avec "Laisse ta poésie aller en plein soleil!"

dimanche 26 août 2012

Partie III : Le Hortus Deliciarum quitte l’abbaye de Hohenbourg et commence ses quatre siècles de pérégrinations jusqu’à Strasbourg.




En 1520, la réforme initiée par Luther sonne le glas de l’abbaye de Hohenbourg. Nombre de familles de petite noblesse donnèrent en effet leur assentiment à la réforme protestante. En ces temps de situations fort troubles, les moniales préféraient bien souvent quitter leur famille religieuse plutôt que de renoncer à leurs proches et aux liens qui les unissent au monde.
Le sort s’acharne en 1546, puisque le 25 mars un incendie ravage toute l’abbaye, jusque dans ses parties les plus importantes. Aux vues de l’ampleur des dégâts, toute reconstruction est déclarée inenvisageable, et l’abbesse décide de dissoudre la communauté. Elle remet alors entre les mains d’Erasme de Limbourg, alors évêque de Strasbourg le domaine et ce qui reste du monastère, dont le Hortus Deliciarum qui a, par miracle, encore une fois réchappé à la destruction.


Le précieux manuscrit s’en va d’abord dans la résidence de l’évêque de Saverne. En 1660, il est offert à une communauté de moines Chartreux qui fondent une communauté à Molsheim. Ces derniers, reconnaissant immédiatement la valeur inestimable du présent qui leur était confié, le gardèrent jalousement si l’on en juge au peu de personnes qui déclarèrent ensuite en avoir entendu parler et la portion encore inférieure ayant pu l’admirer.
En 1690, un moine entreprit, quatre ans durant, de copier le manuscrit dans son intégralité, page après page et enluminure après enluminure, sans doute avec moins de finesse dans la reproduction des détails cependant. Dans le même temps, on dote (enfin) l’ouvrage d’une couverture.

Pendant un siècle le manuscrit demeura en sécurité. En 1791 cependant, le gouvernement révolutionnaire intime à chaque congrégation religieuse de se dissoudre et donne l’ordre de quitter les couvents sans rien emporter avec soi. Le manuscrit quitte donc la communauté de moines de Molsheim pour se rendre à Niedernai, où vivait encore un des descendants des Landsberg (l’ouvrage est traditionnellement attaché à la figure de son auteur, Herrade, que l’on disait à l’époque « de Landsberg ».

En 1803, le Consulat ordonne le retour du manuscrit à Strasbourg et en dote la librairie municipale, située près de l’actuelle rue du Temple Neuf, dans l’ancienne église des Dominicains.

jeudi 23 août 2012

Colloque Raoul de Houdenc

Partie II : La confection du Hortus Deliciarum



  
La confection dans chaque abbaye d’un livre recensant tout le savoir nécessaire à la formation des abbés et abbesses devait vraisemblablement exciter un certain nombre de rivalités. Le Hortus Deliciarum, qui n’était pas destiné à quitter l’abbaye, avait des proportions tout à fait imposantes. Composé de deux parties bien distinctes par leur format, il représentait une œuvre volumineuse de plus de 300 pages.


Nombre de feuilles
Format
Proportion d’enluminures
1e partie
Env. 255 feuilles
52x38 cm
1/3 d’images entièrement coloriées recto et verso.
2e partie
Env. 65 feuilles
Plus petit
Uniquement des textes


À l’origine, le manuscrit ne se composait que de feuilles volantes, afin de faciliter le travail des deux à trois équipes de composition du scriptorium. Un groupe était chargé du recopiage du texte et de sa calligraphie, un autre chargé des miniatures et des enluminures et sans doute un troisième de la coloration. Au final, ce seront au moins 80 pages recto-verso d’images qui seront créées. D’emblée l’œuvre frappe de son originalité. Les illustrations présentent des traits originaux que l’on ne manque aujourd’hui pas de rapprocher de l’art byzantin (Christen émet l’hypothèse d’images venues d’outre-Rhin, de Bavière et en déduit que Relinde et son groupe n’étaient pas venus les mains vides refonder la communauté du Hohenbourg). Le traitement des thèmes moraux et allégoriques est également novateur : dispositions en cercles concentriques rappelant les rosaces de cathédrale et certains motifs d’orfèvrerie : il est tout à fait possible que le Hortus se soit également inspiré de traités architecturaux.

De même, la collation des textes est manifestement originale : Herrade ne se contente pas d’extraits de la Bible et de gloses des Pères de l’Eglise (toutefois majoritaires). Certains détails profanes viennent enrichir l’Hortus, illustrant bien l’ouverture au monde et au savoir qui se fait jour au XIIe siècle. Certains thèmes devaient également être destinés à l’éducation des filles nobles (et moins à celle des abbesses), tels les signes du zodiaque, la théorie d’équivalence entre le macrocosme et le microcosme, la présentation des arts libéraux, la représentation de la Roue de Fortune et… la légende d’Ulysse.

Christen met en avant le prestige et la sécurité dont a joui le Hortus Deliciarum jusqu’à la fin du Moyen Âge. Il était jalousement gardé au centre du monastère de Hohenbourg, où il servait à l’instruction et où il offrait tout son savoir. Il est certain qu’il a servi à l’instruction des abbesses pendant plusieurs siècles : au XIVe siècle, alors que la connaissance générale du latin tend à s’estomper, on ajoute au texte latin pas loin de 2000 gloses en vieil allemand pour éclaircir voire tout bonnement traduire certains passages obscurs.

La fin du XIVe et le XVe siècle sont des périodes troubles, marquées par les pillages et les destructions. Les chroniques relatent cinq incendies aux cours desquels l’abbaye fut presque entièrement ravagée. Sous bonne garde, le Hortus Deliciarum en réchappa cependant à chaque fois.

mercredi 22 août 2012

Partie I : Origines du Hortus Deliciarum

Toutes les informations qui vont suivre, sauf mention spéciale, sont extraites de l'édition du Hortus Deliciarum appelée édition Tisserant-Christen, disponible notamment à la médiathèque André Malraux à Strasbourg.

Hortus Deliciarum est un manuscrit, richement illustré, d'une beauté et d'un contenu rares, composé à la fin du XIIe siècle au monastère de Hohenbourg (actuel Mt St Odile) en Alsace. Son nom signifie littéralement le "Jardin des délices" en référence au passage de l'ancien testament tiré du cantique des cantiques présentant l'époux et son épouse dans un jardin luxuriant (Cant. 5, 1). Son contenu s'apparente à une vaste compilation, presque encyclopédique, de culture surtout religieuse, mais aussi profane. Son auteur, d'un savoir prodigieux, d'une éducation remarquable et aux dons extraordinaires, serait une certaine Herrade de Hohenbourg (parfois à tort appelée Herrade de Landsberg). Ce manuscrit a tout pour exciter les passions des hommes, à commencer par une genèse fascinante.

Le manuscrit du Hortus Deliciarum vit le jour dans le monastère de Hohenbourg à quelque 20km de Strasbourg. Dès l'Antiquité, le site constitué de flancs escarpés, en bordure de la chaîne des Vosges, présentant un sommet lui-même formé d'un bloc de rocher aux contours épais, passait pour une petite forteresse naturelle. À la fin du VIIe siècle, du temps des rois mérovingiens d'Austrasie, le duc d'Alsace, Etichon, reconnaissant là un territoire dont la possession pouvait s'avérer stratégique, fait construire à son sommet un monastère pour religieuses. Sa propre fille, Odile, en sera la première abbesse. Ce couvent pour femmes est alors le premier dans toute la région située entre les Vosges et le Rhin, ce qui lui assure un certain succès. Par la suite, placé sous la protection des ducs et des rois carolingiens, il devient une abbaye d'Empire.

Vers 1120 cependant, Frédéric le Borgne, roi de Souabe, en prises avec l'autorité papale, s'en prend à plusieurs monastères de son propre royaume pour attiser la vindicte du Pape. Le couvent du Hohenbourg ne fut pas épargné et finit entièrement brûlé. Son histoire aurait pu s'arrêter là.

Par une ironie de l'histoire, le fils de Frédéric le Borgne, Frédéric Barberousse, se trouva l'artisan de la renaissance du Hohenbourg. Il le fait rebâtir et en fait non seulement un couvent mais aussi une fameuse école pour toutes les filles des familles nobles de son royaume. La nouvelle communauté qui vient s'y établir serait venue d'un couvent de Bergen en Bavière. La règle observée est celle de St Augustin, règle qui favorise beaucoup la formation religieuse des moniales. La mère abbesse a pour nom Relinde ; c'est elle qui se chargera de la formation de Herrade. Si le contenu du Hortus Deliciarum, peut être un reflet du savoir et de la culture encyclopédique de Herrade, il montre bien aussi la qualité de l'enseignement qui fut dispensé par Relinde.

En 1170, Relinde meurt et c'est Herrade qui lui succède. C'est une élève brillante, à la culture vaste et profonde. Ce que l'on sait d'elle laisse imaginer une femme d'action, de savoir et d'autorité. Sur sa demande, deux communautés de moines viennent s'installer près de Hohenbourg:
- en 1178, des Prémontrés venus d'Etival dans les Vosges, qui s'installent à St Gorgon près d'Ottrot
- en 1181, des Augustins venus de l'abbaye haut-rhinoise de de Marbach, qui s'installent à Truttenhouse.

Car à cette époque très riche culturellement, on voit fréquemment naître le besoin de composition d'un livre propre aux monastères. Ces livres avaient alors pour vocation de rassembler presque toutes les connaissances que l'on pouvait trouver.


mardi 21 août 2012

4ème Stage de Danses Médiévales à Sulniac et Festnoz de Samhain





Le quatrième Stage de Danses Médiévales de Sulniac (56)
aura lieu du Jeudi 1er au Dimanche 4 Novembre 2012
à la Maison des Associations




avec cette année, pour le lancement de
l'Association Artémusie,
un Festnoz de Samhain,
Vendredi 2 Novembre à 21h
à la Salle des Fêtes


 

Ce stage sera organisé par M. 
Christophe Deslignes et Mme Eva Fogelgesang, deux artistes du célèbre groupe de musique médiévale Millenarium. Ce groupe compte parmi les plus influents au niveau national et mondial.