dimanche 26 août 2012

Partie III : Le Hortus Deliciarum quitte l’abbaye de Hohenbourg et commence ses quatre siècles de pérégrinations jusqu’à Strasbourg.




En 1520, la réforme initiée par Luther sonne le glas de l’abbaye de Hohenbourg. Nombre de familles de petite noblesse donnèrent en effet leur assentiment à la réforme protestante. En ces temps de situations fort troubles, les moniales préféraient bien souvent quitter leur famille religieuse plutôt que de renoncer à leurs proches et aux liens qui les unissent au monde.
Le sort s’acharne en 1546, puisque le 25 mars un incendie ravage toute l’abbaye, jusque dans ses parties les plus importantes. Aux vues de l’ampleur des dégâts, toute reconstruction est déclarée inenvisageable, et l’abbesse décide de dissoudre la communauté. Elle remet alors entre les mains d’Erasme de Limbourg, alors évêque de Strasbourg le domaine et ce qui reste du monastère, dont le Hortus Deliciarum qui a, par miracle, encore une fois réchappé à la destruction.


Le précieux manuscrit s’en va d’abord dans la résidence de l’évêque de Saverne. En 1660, il est offert à une communauté de moines Chartreux qui fondent une communauté à Molsheim. Ces derniers, reconnaissant immédiatement la valeur inestimable du présent qui leur était confié, le gardèrent jalousement si l’on en juge au peu de personnes qui déclarèrent ensuite en avoir entendu parler et la portion encore inférieure ayant pu l’admirer.
En 1690, un moine entreprit, quatre ans durant, de copier le manuscrit dans son intégralité, page après page et enluminure après enluminure, sans doute avec moins de finesse dans la reproduction des détails cependant. Dans le même temps, on dote (enfin) l’ouvrage d’une couverture.

Pendant un siècle le manuscrit demeura en sécurité. En 1791 cependant, le gouvernement révolutionnaire intime à chaque congrégation religieuse de se dissoudre et donne l’ordre de quitter les couvents sans rien emporter avec soi. Le manuscrit quitte donc la communauté de moines de Molsheim pour se rendre à Niedernai, où vivait encore un des descendants des Landsberg (l’ouvrage est traditionnellement attaché à la figure de son auteur, Herrade, que l’on disait à l’époque « de Landsberg ».

En 1803, le Consulat ordonne le retour du manuscrit à Strasbourg et en dote la librairie municipale, située près de l’actuelle rue du Temple Neuf, dans l’ancienne église des Dominicains.

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